Facile à dire quand tu t’appelles Oprah

Contrairement à un grand nombre de femmes qui m’entourent, je ne suis pas une fan active d’Oprah. Bien sûr, je reconnais son impressionnante contribution et j’admire son humanité. Mon respect est d’ailleurs grand pour les gens qui se réparent en explorant et qui partagent le fruit de leurs efforts.

J’ai été curieuse de voir sa dernière prestation hier, une finale après 25 ans d’assiduité, wow. Elle a choisi de communiquer le plus sobrement du monde certains de ses apprentissages de vie. Des quelques thèmes qu’elle a abordés, celui de notre « mission » m’a accrochée. “Everyone of us was put on this earth for a purpose. Find that purpose”. Facile à dire quand tu t’appelles Oprah et que ton calling c’est justement d’être Oprah.

Quand on pense carrière, LA quête peut être ardue si on se trouve confus, démotivé ou peu confiant. Pour ma part, quand se dessinait mon cul-de-sac professionnel il y a environ 3 ans, la pression de trouver « ma voie » m’a valu quelques épisodes grisâtres.

En faisant le survol de mon histoire, j’ai réalisé que j’ai parfois eu tendance à attendre qu’on figure pour moi cette fameuse voie. J’espérais, inconsciemment, qu’on me découvre et qu’on me crée les conditions pour mettre à profit mon talent. Et lorsqu’on tentait de le faire, je ne m’y retrouvais pas, car ça ne venait pas de moi.

Plusieurs organisations, particulièrement les petites, ont l’ouverture et la souplesse qui favorisent l’expression des talents. Les dirigeants n’ont toutefois ni le temps ni l’envie de se consacrer à la recherche en eaux profondes, afin de peut-être trouver une perle.

D’autre part, certains employés se laissent limiter par leurs fonctions, par les attentes liées à leur poste et celles de leur patron. Ils en viennent à ajuster leurs désirs et leurs aspirations afin de les faire tenir dans ce cadre pré-établi.

Personnellement, j’ai dû créer le vide, celui qui vient avec le vertige et les sueurs froides. En effaçant complètement le cadre et en me faisant paniquer par moments, j’ai pu circonscrire ce que j’aime, ce que je fais le mieux et où je me sens utile dans la vie.

Bien que je sois incapable de répondre aux questions d’avenir et de projection qu’on me pose parfois, bien que je ne me sentirai jamais aussi « drivée » qu’une Oprah, je partage une chose avec son discours, j’ai le sentiment d’être là où je dois être et que je fais ce que je suis supposée faire. Voilà ce qui compte pour moi.

Et vous, qu’est-ce que vous êtes supposé faire ?

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En extra :

Des trucs : How to align job with nature

Une histoire vraie : Persistence

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4 Réponses sur “Facile à dire quand tu t’appelles Oprah”

  1. Ma vie personnelle, elle, ça va. Chum et papa présent, ce modèle était pour moi et je sens que je m’accomplis et grandis comme un chef là-dedans. En voulant faire s’émerveiller ma fille, je me trouve à grandir en même temps qu’elle parce que j’recommence à voir le quotidien complètement sous un autre angle. Le sien. Pour cette partie de ma vie, j’ai trouvé mon « purpose ».

    Par contre, professionnellement… Je te cite :

    « Quand on pense carrière, LA quête peut être ardue si on se trouve confus, démotivé ou peu confiant. Pour ma part, quand se dessinait mon cul-de-sac professionnel il y a environ 3 ans, la pression de trouver « ma voie » m’a valu quelques épisodes grisâtres.

    En faisant le survol de mon histoire, j’ai réalisé que j’ai parfois eu tendance à attendre qu’on figure pour moi cette fameuse voie. J’espérais, inconsciemment, qu’on me découvre et qu’on me crée les conditions pour mettre à profit mon talent. »

    Je pourrais LITTÉRALEMENT signer en-dessous. La confiance, la démotivation, la confusion et même les 3 années grisâtres. Et j’ai longtemps (et encore… plus inconsciemment par contre) attendu qu’on me découvre pour moi. Qu’on m’expose un « hey t’es génial là-dedans » et qu’on m’y place de bonne foi en m’aidant dans ce processus en plus.

    J’ai toujours l’impression que les autres me connaissent mieux que moi. Et quand j’essais de prendre le dessus et de m’enligner dans une direction, je me sens constamment comme un imposteur. La peur d’être « celui qui veut trop » me prend… Tu sais, celui que l’on croise et qu’on s’dit « Bin oui mon grand… Tu te donnes mais t’es pas fait pour ça… » Mais ce gars qui veut trop, il ne le sait pas qu’il ne vaut rien dans son rôle car il le campe trop intensément et ça bouche son objectivité.

    Je suis en train de me dire que là où je vais me trouver n’a rien à voir avec ce que j’ai toujours enligné. J’vais devoir être à l’écoute parce que je crois fermement que « the purpose » pour moi se trouve à une place où je ne l’attends pas pantoute… Mais alors là, pas du tout!

  2. Nathalie Bertrand dit :

    Wow Jordan, tu as la corde sensible touchée. Je comprends bien ton questionnement. Pour ma part, quand j’ai pris mon recul il y a 3 ans, et ce, pour environ 6 mois, diverses circonstances ont fait en sorte que ma voie du moment a dû être que je me consacre à ma famille. Ça a été très très bénéfique. Ce qui peut signifier que notre « purpose » peut changer de cap et ne pas toujours se trouver dans le professionnel.

  3. Muriel dit :

    Il y a toujours des quêtes là où il y a changement.

    Pour ma part, je note que dans les espaces de doute ou de flou qui précédent les décisions/changements, je reviens souvent sur ce qui me suit :
    – être satisfaite
    – rêver grand
    – devenir ce que j’aime

    Que ce soit mon immigration, ma famille actuelle ou une quête professionnelle, ça me motive. Et lorsque je je m’éloigne de ces 3 pôles, c’est que je me suis perdue dans tous les sens du terme.

  4. Nathalie Bertrand dit :

    Ce que tu décris rejoint bien ce que je pense, il est plus important de savoir ce qui compte à nos yeux, l’essentiel, que de savoir précisément comment l’obtenir. Par exemple, si on parle de quête professionnelle, se connaître passe avant l’obtention du job « idéal ». Cela dit, quoi de mieux que, lorsque tout ça s’aligne. Merci Muriel.