Homme, femme, argent.

Récemment, j’ai vu passer ce Tweet de @agentsolo : « Selon vous, y-a-t-il une différence entre les hommes et les femmes dans leurs conditions de travailleur autonome (au Québec) ? » Mon expérience me dit que, même avec des qualifications identiques, les femmes ont souvent des attentes salariales moins élevées que celles des hommes. Suivant cette logique, j’ai présumé qu’elles doivent moins facturer. La réplique a été sans nuance : « Il y a une grosse différence entre les revenus des T.A. (travailleurs autonomes) selon le sexe ».

J’aurais bien aimé me tromper. Cela dit, mon ancienne vie de recruteure conseil et chasseure de têtes m’a donné accès à des milliers de données, dont les attentes salariales…

La réalité est que la majorité des femmes n’exigent pas plus d’argent en convoitant un nouveau poste, même que beaucoup d’entre elles sont prêtes à reculer pour augmenter leur chance d’être sélectionnées. Complètement l’inverse des hommes. Les femmes disent vouloir se donner le temps de faire leurs preuves, les hommes réclament qu’on les paie pour faire ces mêmes preuves.

Mon anecdote la plus éloquente, voire dérangeante, concerne une femme très compétente qui possédait plus de 15 ans d’expérience dans sa discipline et qui demandait un salaire carrément junior. Préoccupée par sa situation, on lui a parlé du marché et de l’argent disponible pour le poste. Sa candidature a donc été présentée à 10k de plus que ses attentes, soit encore 10k sous le budget initial.

Elle a été embauchée…20k en deça du budget. Et pas parce que le vilain employeur l’a négociée. Il s’est contenté de lui donner ce qu’elle-même a demandé rendue à l’entretien de sélection. Elle n’est pas arrivée à se positionner selon sa valeur juste.

Dans bien des cas, les attentes salariales sont une question d’attitude et de perception de nous-mêmes, plus qu’une question de valeur absolue. Peu importe les arguments rationnels, le salaire disponible, le marché, nos compétences maîtrisées ou ce que nos bienveillants nous racontent.

Zut, l’avantage me semble à l’homme ici. C’est définitivement ce que je me dis quand l’un d’eux me lance, tout sourire, que mes honoraires sont peu élevés.

MàJ :
réplique d’@agentsolo : « @NatBertrand Votre billet rejoint une évaluation que nous allons publier bientôt. Une différence de 15K entre les h. et les f. chez les T.A »

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En extra:

Pour enfoncer le clou : Why you should hire moms
L’auteur a juste oublié de mentionner qu’elles risquent de demander moins cher en plus 😉

Truc, pour ceux, et surtout celles, qui veulent négocier : Try this: Don’t ask what you want when you negociate.

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2 Réponses sur “Homme, femme, argent.”

  1. Michael dit :

    Tiens donc. Ça me rappelle une de nos discussions. 🙂

    J’ai aussi remarqué cette tendance chez les femmes.

    Peut-être que l’attitude des hommes serait aussi, parfois, à réajuster. Si votre dernier employeur vous payait trop pour le marché parce que l’environnement de travail était pathétique et que le seul argument qu’il avait pour vous attirer était justement le salaire, ce n’est pas mon problème.

    Le salaire est donc un facteur de l’équation et ça, je pense que les femmes le comprennent mieux, qu’elles ont souvent une vision plus holistique de ce qu’on appelle « les conditions de travail ».

    Des fois, les gars comparent leurs salaires comme ils comparent leurs b….., et ça peut mener à des négociations salariales qui échouent pour de mauvaises raisons. Je préfère parler de négocier les conditions plutôt que les salaires. On ne peut pas avoir le beurre, l’argent du beurre et la fille (ou le fils) du fermier…

  2. Nathalie Bertrand dit :

    Michael, j’aurais bien aimé te dire que nous ne l’aurons plus cette conversation, mais bon… Pour ton point sur les salaires + élevés dans les environnements moins sains, je tends à croire que ce « privilège » s’applique tant aux femmes qu’aux hommes. Peu importe qu’on parle de salaire, ou de conditions, j’apprécie d’ailleurs ta nuance, le meilleur moyen d’obtenir ce qu’on veut/vaut, est d’être convaincu(e). La suite est alors souvent plus fluide. Simple principe de vente et de négo. Au fait, c’est quoi « leurs b… »? leurs bédaines ou leurs bagnoles? 😉