Relations publiques, pas chères, pas chères.

Avez-vous déjà été un chercheur d’emploi motivé-ignoré et/ou un employeur ignorant-négligeant ?

Le chercheur motivé est celui qui soigne son curriculum vitae et qui s’attarde à écrire une lettre de présentation. Il s’assure de connaître l’entreprise qu’il convoite et le profil de l’individu à qui il enverra sa missive. Le jour de l’envoi, il a des papillons dans le ventre, à la fois nerveux et excité d’avoir si bien ciblé.

Ce candidat est « chercheur ignoré » quand on n’accuse pas réception de son envoi et qu’il se demande s’il s’est retrouvé avec le pourriel. À ce stade, il craint qu’une relance par téléphone soit nuisible. Après avoir attendu quelques jours, il frustre et se fait une idée sur cet employeur. Pas positive l’idée.

J’ai commencé ce billet avec l’intention de pointer certaines entreprises croisées au fil des ans, nombreuses à titre de chasseure de têtes et aussi comme candidate. Envie vengeresse d’exposer ces individus qui ignorent les basiques du respect pour les gens qui s’intéressent à eux. Et oui, nombreux sont les candidats qui postulent afin de travailler spécifiquement avec un gestionnaire spécifique. Finalement, j’ai choisi d’aborder ce thème de manière constructive.
L’incontournable accusé réception : les plus « informatiques » auront une fonction automatique, non personnalisée malheureusement. La relation ne s’installe pas ici. Le message devrait indiquer qu’on fera signe uniquement aux gens pré-sélectionnés. Si l’automatisation n’est pas une option, on écrit !

Une fois le tri des cv effectué, trois catégories émergeront : les pas pantoute, ceux dont le profil correspond, et ceux qui sont intéressants mais le timing n’est pas bon. Ces derniers ne doivent pas être ignorés. On devrait les traiter avec vision et à la hauteur de leur potentiel sur papier. On les appelle pour les aviser de la situation, pour échanger et créer un lien. Ça permettra aussi de confirmer s’ils sont pertinents. Si ce n’est pas le cas, on discarte, merci aurevoir.

Si le candidat « mauvais timing » s’avère bien, vous aurez gagné en sympathie à ses yeux et quand le temps sera bon, votre démarche sera moins longue et coûteuse. Dans le même élan, heureux de son échange, peut-être sera-t-il en mesure de vous référer la bonne personne pour votre poste à combler. Mes plus belles découvertes comme chasseure de têtes ont été des références de personnes que j’estimais professionnellement et personnellement. Le principe du « qui se ressemble, s’assemble » s’est confirmé à tout coup. En passant, le même principe s’applique aux nuls.

Les gens convoqués en entrevue et qui ne se qualifient pas, doivent aussi être traités avec égard. Trop souvent, le gestionnaire ne sait pas annoncer un refus et il compose avec son malaise en n’ayant pas le temps de contacter les candidats. Cette étape a toujours été la plus difficile pour moi. Particulièrement auprès des candidats à l’ego plus fragile. Pour se donner du courage, on peut mettre son focus sur le fait que ces gens ont une opportunité d’apprendre de leur expérience. Faut juste leur donner les infos nécessaires.

Comment être humain en période de recrutement peut-il signifier PR pas cher ?
Chaque candidature soumise, chaque personne contactée, chaque candidat rencontré, a le potentiel de devenir un ambassadeur de votre organisation. Ou l’inverse. On aura beau faire les plus beaux affichages de poste en ligne, ou payer les recruteurs les plus vendeurs, quand les bottines ne suivent pas les babines… Ainsi, plus y’aura d’ex-employés, de fournisseurs, de clients, de candidats, qui parleront en mal de votre organisation, plus votre recrutement coûtera cher !

Et où tout ce blabla, bon ou pas, se déroulera-t-il ? Dans les 5 à 7, les gym, les soupers d’amis, etc. Et plus encore : sur les forums de discussion, FaceBook, Twitter, les blogues, etc. C’est là qu’on trouve la Génération Y et la suivante : ils sont nombreux et ils sont fort volubiles !

Le marché du travail a connu un creux au cours de l’année 2009, ce ralentissement semble tirer à sa fin. Mes amis chasseurs de têtes sont débordés en ce moment, ça en dit long. Ça indique aussi que les bons candidats ne courent pas les rues. La prochaine décennie annonce plus de postes que de travailleurs disponibles : peut-être est-il temps d’activer le PR pas cher en étant un peu plus humain et avisé.

Comme candidat ou employeur, vous avez des pistes humanistes à partager ?

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4 Réponses sur “Relations publiques, pas chères, pas chères.”

  1. Vincent Lévesque dit :

    Bon post!
    Dans la dernière année je me suis souvent trouvé dans la position du chercheur comme tu le décris dans tes premiers paragraphes.

    Quand je me sentais moi-même comme on long shot, je comprennais que l'on me réécrive pas: c'est pas mal ça la norme (malheureusement).

    J'ai bien l'impression que les RH classiques sont comme les autres fonctions de l'entreprises lorsque celles-ci n'ont pas de vision: elles sont condamnées à éteindre les feux, et quand on éteint les feux on a pas vraiment le temps d'avoir une stratégie de recutement alignée sur la stratégie de développement de l'entreprise.

    Et tout est là: tant que les RH ne seront pas vraiment (au-dela des mots) intégrées à la stratégie de développement de l'entreprise, elles (RH) seront condamnées à recruter "pour la semaine prochaine" plutôt que "pour le gros projet de l'année qui vient".

    My two cents

  2. Muriel dit :

    Excellent, on dirait qu'on est tous passés par là un jour ou l'autre.
    Cela dit, lettre ou pas, moi je prends toujours le temps de faire un suivi. Tu vas me trouver tenace, certains confirmeront.
    La trajectoire de mon CV, les personnes qui l'ont traité ne sont pas non plus infaïbles ou à l'abri d'un "bug". Ça m'est déjà arrivé d'apprendre, lors d'un suivi, que le préposé en charge avait quitté ou était en absence prolongée et de trouver à l'autre bout du fil un empoyeur tout content d'entendre la voix d'une candidate proactive et motivée.
    Des fois, les circonstances font obsatcle au RP.

    Cela dit, lorsqu'on ne reçoit pas un mot d'un employeur qu'on idéalisait, on fini par se dire qu'on est chanceux de ne pas à travailler pour lui, non ?

  3. Lapie dit :

    D'accord avec le dernier paragraphe de Muriel. Et pour la réponse automatisée, pour ma part, elle m'indique au moins que mon message s'est rendu. Par contre, l'image qui me vient quand je découvre ce genre de message dans mon inbox est celle de la chaîne de montage: je me vois alors comme un robot qui met des tomates des cannes. Ce genre de message automatisé a au moins l'intérêt de m'apprendre que je n'ai pas envie d'aller en entrevue et que de toute façon, je ne devrais pas m'attendre à ce qu'on me convoque…

  4. NatBertrand dit :

    @Vincent: t'as bien raison pour les rh, perso, je comprends pas ce qu'elles ne comprennent pas bien souvent. consolation: quand ce sont les rh qui recrutent, au moins ce ne sont pas elles gèrent!

    @Muriel: vous avez bien raison Muriel et Lapie, avec la maturité vient un sens critique plus aiguisé. Thank god! pour ce qui est de la théorie du "bug" bien sûr qu'elle s'applique, mais si vous saviez le niveau d'insouciance de certains gestionnaires qui embauchent, ç'en est triste!