"Ressources" Humaines

J’ai toujours eu du mal avec le terme « Ressources » Humaines. Et s’il y a un moment dans l’histoire de l’emploi où il me semble inapproprié, voire déplacé, c’est bien avec l’entrée récente de la Génération Y sur le marché du travail.

Il va sans dire que je ne suis pas contre ceux qui se dédient à la gestion administrative et humaine des individus en entreprises, bien au contraire. C’est plutôt de voir que ces spécialistes gèrent des « Ressources » Humaines qui provoque ma réaction allergique. Les Ressources, au sens générique, étant là pour être exploitées et pour répondre aux besoins de ceux qui souhaitent en tirer profit. Ressources naturelles, matérielles, minières, financières. Why not. Humaines ? I don’t think so!
L’offre de services que je suis à développer et l’étude de marché que je dois faire pour la rédaction de mon plan d’affaires, m’ont permis de jongler davantage avec ces notions. Je me suis par le fait même, cognée à certains enjeux de communication. Faut bien que les dirigeants sachent de quoi je parle. Et comment le faire sans employer le terme fourre-tout qu’est celui de « Ressources » Humaines ? Ma réponse a été simple et rapide : si jamais ils ne comprennent pas quand je leur parle de gestion des talents, ce dont je doute finalement, je rajouterai une couche d’explications. Je leur parlerai de ce qui m’anime, soit le côté humain et pratique de la gestion. Ainsi que le bien-être de chacun au boulot, patrons et employés confondus.

Les dirigeants de 2010 ne peuvent plus dire Mes employés et encore moins, MES ressources. Les Y n’appartiennent à personne d’autre qu’à eux-mêmes. Ils ne sont pas là pour qu’on exploite leurs compétences ou pour faire grandir l’organisation et ses profits. Ils sont là d’abord pour eux, pour être stimulés, apprendre et livrer. Et ils le feront ici, ou ailleurs. Ainsi détachés, ils se permettent de remettre en question leurs employeurs régulièrement et ne cherchent définitivement pas à élire domicile au bureau.

Comme je vous le mentionnais ici, la gen Y possède beaucoup de points distincts qui ne manquent pas de me charmer. Je me soupçonne d’ailleurs d’être l’une des leurs, née prématurément. Certains de mes ex boss pourraient probablement le confirmer, en collant leurs yeux au plafond.

La manière dont les Y abordent leur vie professionnelle, est certes dérangeante pour plus d’un gestionnaires, X de surcroît. Pourtant, ils ont tout ce qu’il faut pour bien cadrer dans notre industrie si rapide et créative. Peut être que de les connaître un peu mieux, au lieu d’essayer de les changer et les critiquer ?

Alors, quelles sont vos impressions sur les Y en milieu de travail ?
Y, vous répondez aussi, évidemment.

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11 Réponses sur “"Ressources" Humaines”

  1. David dit :

    J'ai toujours trouvé que le terme "ressources humaines" avait été installé parallèlement à "ressources matérielles", et que par conséquent il se définissait surtout comme un processus de gestion de ressources plutôt qu'un processus de gestion d'humains.

    L'arrivée des Y sur le marché amène une telle révolution (et on peut même dire que ça a démarré avec nous les X) que faire la "gestion de ressources humaines" requiert maintenant des capacités relationelles beaucoup plus fines, et fait appel à la force des compétences de "vente" d'une compagnie plutôt qu'à un "pouvoir d'achat": il ne s'agit plus d'engager des gens pour accomplir un travail; il faut dorénavant les attirer par une culture d'entreprise dans laquelle ils seront heureux de travailler.

    D'après moi, il faudrait dorénavant que le terme RH fasse référence à "Relations Humaines", afin de projeter la notion de communauté à l'intérieur et à l'extérieur de l'entreprise.

    On peut posséder la force d'excellentes ressources pour évoluer en affaires, mais rien ne peut battre la force de posséder d'excellentes relations 🙂

  2. Jessy dit :

    Je suis Y, et je dis que vous avez tout à fait raison! Je veux être stimulée, je veux apprendre et je veux livrer! Évidemment, je suis souvent frustrée parce que les choses ne bougent pas suffisamment vite pour moi, je stagne et ça me rend complètement folle de faire du surplace. Mon employeur n'accepte pas la critique, parce que je ne veux pas suivre les 50 étapes préalables à l'élaboration d'une critique concernant le mode de gestion des "ressources". Vraiment, il y a des jours où je me demande comment vais-je survivre à toutes ces années de travail si rien ne change… En devenant mon propre patron? Probablement. Mais si tous les Y créent de nouvelles entreprises à leur image, qu'adviendra-t-il de toutes les autres qui n'ont rien vu passer…

  3. Nathalie Bertrand dit :

    @David: je ne partage pas ton point sur la révolution entâmée par les X. certains semblent vivre une crise de sens quant au travail à la mi-trentaine, mais avant ça, ils ont été drôlement menés par leurs ambitions.

    @Jessy: j'ose croire que certains employeurs finiront par s'ajuster et voir que la productivité n'existe pas seulement quand les choses se font à "leur manière".

  4. Sophie Labelle dit :

    En tant qu'Y, je dirais qu'un des principaux enjeux des employeurs sera la conciliation travail-famille. Je crois que c'est la bataille à gagner depuis longtemps, mais la pression se fait de plus en plus importante. Le gouvernement a fait sa part, au tour des entreprises de changer leur mentalité et d'assouplir leurs règles.

  5. Nathalie Bertrand dit :

    @Sophie: les changements provoquent toujours de la résistance au début. ton point est bon, je suis issue de la génération aux congés de maternité de 6 mois où l'on retournait au boulot après 5, bien loin de la conciliation. on parle d'il y a à peine plus de 10 ans…

  6. Le gars de Com dit :

    Billet très intéressant.

    À ce sujet, l'organisation que je représente (le syndicat des Teamsters) a identifié dès 2007 ce phénomène que nous avons baptisé "l'ère des employés PME". Il n'est pas limité aux travailleurs de la génération Y puisque de plus en plus de gens prennent leurs distances en rapport avec les objectifs de l'entreprise pour laquelle ils travaillent.

    Un petit extrait du texte que nous avons mis en ligne sur notre site il y a 3 ans :

    L’ère des « employés-PME »

    Cette nouvelle race de travailleurs veut essentiellement gagner le maximum d’argent en faisant preuve de peu d’attachement envers leur employeur. Ils n’hésiteront pas une seule seconde à changer d’emploi si les conditions de travail ne leur conviennent pas. Comment peut-on les blâmer d’adopter un tel comportement puisqu’ils ne font qu’imiter leurs patrons ?

    Source: http://bit.ly/bahO3X

    On ne peut tout résumer à l'aspect pécuniaire, bien entendu, mais il n'en demeure pas moins que le marché du travail devra s'adapter aux nouvelles réalités. Autrement, les entreprises auront bien du mal à recruter les meilleurs candidats.

    Enfin, je croyais pertinent d'ajouter mon petit grain de sel ici…

  7. Nathalie Bertrand dit :

    @Le gars de Com: les grains de sel sont tous bienvenus. votre point est intéressant, cela dit, ce qui ressort des études sur le terrain actuel semble être que les Y ne priorisent pas l'argent: http://touti.ca/argentvstemps bien qu'ils l'apprécient.

  8. Marie-Claude Ducas dit :

    Par rapport à ces enjeux, je caussi la lecture de ce résumé d'une étude du Conference Board, paru dans le Globe and Mail récemment: lumineux… http://www.theglobeandmail.com/news/opinions/the-office-of-2020-we-need-it-yesterday/article1528330/
    On y traite notamment des nouvelles dynamiques entre les générations, mais de beaucoup d'autres choses aussi.

  9. Anonymous dit :

    Les Y sont souvent perçus comme des impatients alors qu'en fait, nous sommes des enthousiastes. Nous sommes aussi perçus comme des effrontés alors que nous voulons provoquer des émotions. Dans le domaine dans lequel nous travaillons, nous ne pouvons pas être des robots, il faut la passion.

    Le gouvernement a en effet fait un chemin pour la concilliation travail/famille (et je sais de quoi je parle), mais ça s'arrête là. La passion, ce sera pour plus tard.

  10. Anonymous dit :

    Mon nom est Martine et je suis très fière d'être une Y. Je suis d'accord avec le message précédent à l'effet que nous passons souvent pour des effrontés qui ne se soucient pas de la structure actuellement en place. Mes employeurs précédents me disaient souvent ce commentaires dans mes évaluations de rendement et je ne comprenais pas. Je performais bien, livrais la marchandise et plus, mais semblais les brusquer lorsqu'en fait, je posais des questions pour amener de l'eau au moulin et non pas pour contredire ou m'imposer… Aujourd'hui, après quelques années sur le marché du travail, je comprends mieux la dynamique et suis à même de garder ma personnalité mais de m'adapter à eux aussi! NOUS devons aussi nous adapter si ce n'est qu'en posant les questions différemment ou en proposant des choses différemment. Je vous invite à réfléchir à cela… Oui les entreprises doivent s'adapter à nos nouvelles réalités, mais ne devons nous pas tenter, nous aussi, de nous adapter pour mieux faire la transition vers une réalité qui nous ressemble mieux … Sur ce VIVE LES Y!!!! Mais aussi: merci d'avance aux X et aux boomers de nous accepter et de tenter de nous comprendre aussi!

  11. Nathalie Bertrand dit :

    très beau recul @Martine. je crois qu'une fois les ajustements passés et les egos rangés, les 2 générations se complèteront très bien. elles ont davantage en commun qu'il n'y paraît et elles ont beaucoup à s'offrir mutuellement.