Sid Lee chez TEDx

Samedi dernier, j’ai assisté aux conférences indépendantes en lien avec la superbe organisation TED. François Lacoursière de chez Sid Lee était de la liste des invités de TEDxMcGill. Très top! L’exposé de François sur les défis de gestion des talents m’a stimulé les neurones. Big time. Et comme il a partagé une réflexion en cours, ça m’a donné le goût de m’en mêler. Bien sûr.

SidLee. Multiples bureaux, multiples disciplines, plus de 400 employés distribués dans 4 villes, sur 2 continents, qui oeuvrent pour des clients communs, ou pas, c’est selon. Le thème de François concernait l’organisation des talents au sein de cette entreprise en perpétuelle croissance, dédiée à l’innovation et à la créativité commerciale®.

Pour de nombreuses entreprises, grandir équivaut à une structure alourdie ainsi qu’à une hiérarchie qui s’épaissit. Elles deviennent des incubateurs à luttes de pouvoir et à conflits d’égos, des éteignoirs de la créativité fluide. Tout porte à croire que Sid Lee souhaite éviter ce genre de dérapage, tout en assurant un minimum d’encadrement.

La réflexion exprimée par François à TEDx a été inspirée de son histoire personnelle. Celle d’un garçon autodidacte, peu friendly avec le cadre scolaire et les structures imposées, en général. Ces traits sont d’ailleurs partagés par de nombreux entrepreneurs et peuvent s’ajouter à la description que j’ai fait d’eux, ici. Pour François, les autodidactes sont des improvers, devant l’éternel. Okay, devant l’éternel, ça vient de moi.

Les improvers sont des gens en quête d’amélioration continue, qui assoient celle-ci sur leurs propres intérêts et leur curiosité sans cesse renouvelée. Quand on est intéressé, on apprend! Ici il mentionne Sugata Mitra, magnifique homme derrière cette expérience révélatrice sur le « self teaching ». À écouter ici.

Selon moi, la piste de François est riche. De plus, elle respecte l’essence de Sid Lee et la personnalité de ses associés gestionnaires: éléments à considérer pour qu’une vision colle et se répande. Mais comment créer une « organization for the self-organized » où les « improvers » feront en sorte que les choses se réalisent organiquement, si les employés ne le sont pas TOUS par définition ?

Je ne crois pas que self-organized signifie absence de leadership, ou de pôles qui guident et décident. Dans cet esprit, j’ai cru bon de partager à François une vidéo traitant du leadership dans une ère où tout est en mutation constante. Margaret F. Wheatly y parle d’un ordre sans le contrôle, où les dirigeants doivent apprendre à fonctionner sans exercer leur pouvoir, sans imposer leur propres plans. Pour que ça se produise, il faut de la confiance. Selon elle, commander et contrôler sont les ingrédients tout indiqués pour favoriser le chaos. Voir la jolie et pertinente vidéo ici.

Je conclus en vous transmettant le statut FaceBook de François, le lendemain de sa conférence:
« TEDxMcGill 2010 : aussi intéressant à écouter que d’y présenter, mais en plus stressant. Et ça donne le goût de poursuivre la réflexion qui toujours est en cours. Alors, vous avez des idées ou des références sur la conclusion de ma présentation: « the role of an organization is less about organizing ressources than creating an environment for improvers to grow » ? Merci à l’avance. »

Faire évoluer et concrétiser le concept en échangeant avec des membres de l’équipe en place, cibler les improvers à l’interne pour les mettre à profits dans la contamination de la culture, reconnaître et laisser de l’espace aux groupes de travail qui émergent naturellement sur des projets, recruter en visant à identifier ces profils dans le marché, ont été mes premiers flash.

MàJ:
Il est maintenant possible d’accéder à la conférence de François. Bon visionnement!

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4 Réponses sur “Sid Lee chez TEDx”

  1. Jean-julien dit :

    Merci Nathalie pour ce billet, je n’ai pu me rendre au TEDx et j’apprécie fortement d’avoir d’autres retours d’expériences.

    Effectivement le leadership du gestionnaire se révèle dans ses capacités à motiver à transcender à guider. Son rôle n’est pas de simplement gérer, il devient celui d’un mentor ouvert et conscient des défis que représentent le travail humain collectif.

    Concernant la confiance il serait bon de définir cette attitude en entreprise, je pense qu’elle doit être plus individuelle et personnelle que le fruit d’un rapport employeur/employé.

    Mais comment définit-on un « improver », quels sont ses traits de caractères, ses compétences, son expérience ?

    – une attitude résolument ouverte d’esprit mais pour vrai un touche à tout, un vagabond de l’expérience humaine
    – des expertises multiples qui témoignent d’une curiosité maladive
    – de l’empathie en masse afin de mieux diffuser son message
    – un voyageur et un idéateur pour qui chaque jour devient une nouvelle opportunité
    – un profond respect de l’autre dans ses différences et ses valeurs.
    -…. à compléter

    J’ai la chance de travailler avec François et je ne me priverais pas de partager nos expériences sur cette approche de travail.

  2. Nathalie Bertrand dit :

    merci pour ton riche input Jean-Julien!

  3. magali dit :

    Hein… en 3 jours t’as lu le livre dont je t’ai parlé!!?
    Rapide la dame.
    Je suis une « fan finie » de Margaret Wheatly : je bois ses écrits et hoche de la tête à toutes les pages!

  4. Nathalie Bertrand dit :

    j’ai réalisé que je la connaissais déjà et j’attendais une occasion pour « ploguer » cette super vidéo. pas lu de livre encore, mais j’essaierais peut-être « Leadership and the new science », à suivre…
    ps: j’ai dit à François que la réf du livre venait de toi, puisque je ne l’ai pas lu moi-même.