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Une perception de soi. À la fois.

J’ai tout de suite aimé le récent message Dove Real Beauty Sketches. Sa traînée de poudre 2.0 en dit long d’ailleurs. Il m’a fait verser une larme et m’a aussi mise en colère contre moi. Il a touché quelque chose de très vrai et intime.

J’avoue ne pas être partie en vrille over-analytique : y’a-t-il assez de femmes plus rondes, d’âge mûr, pas jolies, de couleur, est-ce sexiste que le sketcher soit un homme ? etc. J’ai encore moins considéré l’idée que ça pouvait servir aux méchants mâles et/ou marketeux de savons.

J’ai plutôt vite transposé ça dans mon monde, celui du travail. Ça m’a rappelé un billet d’il y a deux ans, sur ma différence perçue hommes/femmes, quand vient le temps de chiffrer la valeur de leur travail. En une phrase : « Les femmes disent vouloir se donner le temps de faire leurs preuves [avant d'exiger plus d'argent], les hommes réclament qu’on les paie pour faire ces mêmes preuves. »

Et là cadeau du destin, New Feelings Time Comedy a réalisé une super parodie ! Version hommes. Ben oui, c’est une parodie, mais c’est aussi le reflet d’une réalité dont j’ai souvent été témoin.

Dans le monde du travail, les candidates qui cherchent à faire leur preuve inlassablement, je les appelle les « premières de classe ». Parce qu’elles attendent qu’on mette une note sur leur travail, qui se traduira en salaire. Elles bûchent fort et elles ont souvent du mal à se reconnaître.

Les gars qui se comportent en ligne avec la parodie, mes client(e)s les appellent « les p’tits baveux ». Ce qui ne veut pas dire qu’ils mettent moins d’effort, travaillent moins bien, ou qu’ils ne seront pas embauchés. Ils ont toutefois tendance à bien s’auto-évaluer valoriser. Et ça marche.

Quand j’observe ce portrait, ça me semble déplacé de chercher des coupables, puisque ça réduit notre prise. Bien entendu, je suis d’accord avec la nécessité de changer les opinions superficielles et jugeantes de nos sociétés. Mais je pense aussi, et surtout, que la société ça se change de l’intérieur. Une personne à la fois.

Et en ce qui a trait aux femmes, incluant les « premières de classe », je crois que ça évoluera en changeant une perception de soi. À la fois.

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note – le billet en question : Homme, femme, argent.

Nos conditions

Certains vont favoriser les conditions au moment de choisir leur job. Très souvent on m’a dit avoir accepté un poste parce que le salaire, les vacances, le bonus, étaient « tellement top ! ». On me racontait ça en me demandant de l’aide pour changer…quand je chassais.

Personnellement, je crois qu’il n’y a rien de mal à prioriser l’argent, ou les conditions au sens large. Par contre, faut pas se surprendre si après quelques mois, on sent qu’il manque quelque chose. Le vrai mal se trouve plutôt dans les histoires qu’on se raconte, pour mieux vivre avec nos choix. Si ce qu’on souhaite le plus au monde est de se réaliser et de vivre une passion professionnelle, c’est ce qu’on doit chercher. Si on préfère une forme de sécurité ou de confort, voilà ce qu’on doit cibler. Et si on veut les deux, ben on devra juste chercher un peu plus longtemps.

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En extra :

Dans la catégorie – anecdote inspirante pour qui veut suivre son coeur : Take the plunge.

LE temps over le timing

Timing is everything” : le timing est tout. C’est beaucoup tout, me semble. L’expression implique que certains événements doivent être au rendez-vous pour qu’on agisse. On ne sait pas trop comment ni combien, mais ça viendra pas de nous en tout cas.

Quand je regarde les gens tarder, parfois à l’infini, à prendre des décisions importantes, voire essentielles à leur mieux-être, qu’ils expliquent en quoi le timing n’est pas bon : “même si j’le sais que ce serait la meilleure chose pour moi !” peux pas m’empêcher de trouver la notion de timing nuisible. Encore plus lorsqu’elle sert d’excuse déguisée.

Pas le bon moment pour changer de job, pour dire à son patron que son approche ne convient pas, pour annoncer à un employé qu’il n’aura pas sa promotion ou son augmentation. Pas le bon moment pour lancer son projet, écrire un blogue, quitter son conjoint, mettre à pied un employé. Says who donc ?

Si j’avais été à la remorque du timing, garanti que j’aurais pas eu d’enfants. J’aurais jamais changé de job et je serais loin d’être à mon compte aujourd’hui. Je serais fumeuse, pas yogi, ni apprentie joggueuse.

La loi du timing repose sur le pouvoir qu’on donne aux gens, aux conditions et/ou aux événements, de décider à notre place. C’est l’inverse de s’écouter et de prendre du temps pour se comprendre, pour sentir qu’il est temps. Pas évaluer si le moment est bon ou mauvais, reconnaître LE temps. C’est aussi là où l’intuition et le gros bon sens prennent le dessus sur notre aptitude à faire des plans et à calculer.

Inutile de vous dire que je suis une partisane du temps over le timing. Sur ce, je m’enligne sur mes vacances. Définitivement LE temps que j’en prenne ! Pour ce qui est du timing

Prises de références payantes

Je reviens à la charge sur l’importance de prendre des références, mais cette fois, à l’aide d’incitatifs auxquels on pense moins naturellement. Je continue donc d’insister sur l’importance de l’acte, en vous rendant vos prises de références « payantes ».

Prendre des références, ça se fait habituellement auprès de gens qui occupent des postes de gestion, parfois les dirigeants eux-mêmes, ou auprès de collègues significatifs au sein d’une entreprise. Si on s’est préparé de manière le moindrement substantielle, la table est mise pour un échange riche avec des gens intéressants, la plupart du temps.

Lors de cette conversation, on a accès aux valeurs de gestion du donneur, à sa capacité de se forger une opinion sur un collègue ou un employé, on entend ce qu’il priorise, comment il raisonne, etc. Puisque le contexte n’est pas centré sur lui, on a accès au vrai, en plus d’asseoir les propos sur du concret via les anecdotes et son appréciation du candidat évalué.

Alors, pourquoi ne pas voir cet échange comme une opportunité de recrutement ou même, de recherche d’emploi ? Et si on stretche l’idée, on pourrait même penser occasion de développement des affaires ou de lien avec un nouveau fournisseur.

Si le contact est bon et que, ce qu’on entend nous plaît, la suite nous appartient, selon ce qui nous semble pertinent. S’agit de mettre son radar à opportunités à on.

Personnellement j’ai eu l’occasion, plus d’une fois, d’échanger avec de futurs clients. Dans mon ancienne vie de chasseure, j’ai découvert de nombreux candidats, et en extra, j’ai même reçu une invitation d’un directeur de chez Google à lui faire signe si jamais j’avais un intérêt pour les rejoindre in California. Jolie fleur. Reçue grâce à une simple prise de références. Merci M.J.!

nb : Si jamais je ne vous ai pas encore convaincus, relisez ces deux billets back-à-back, ça peut pas nuire :
Au diable les références et Chasse de têtes 101.

Facile à dire quand tu t’appelles Oprah

Contrairement à un grand nombre de femmes qui m’entourent, je ne suis pas une fan active d’Oprah. Bien sûr, je reconnais son impressionnante contribution et j’admire son humanité. Mon respect est d’ailleurs grand pour les gens qui se réparent en explorant et qui partagent le fruit de leurs efforts.

J’ai été curieuse de voir sa dernière prestation hier, une finale après 25 ans d’assiduité, wow. Elle a choisi de communiquer le plus sobrement du monde certains de ses apprentissages de vie. Des quelques thèmes qu’elle a abordés, celui de notre « mission » m’a accrochée. “Everyone of us was put on this earth for a purpose. Find that purpose”. Facile à dire quand tu t’appelles Oprah et que ton calling c’est justement d’être Oprah.

Quand on pense carrière, LA quête peut être ardue si on se trouve confus, démotivé ou peu confiant. Pour ma part, quand se dessinait mon cul-de-sac professionnel il y a environ 3 ans, la pression de trouver « ma voie » m’a valu quelques épisodes grisâtres.

En faisant le survol de mon histoire, j’ai réalisé que j’ai parfois eu tendance à attendre qu’on figure pour moi cette fameuse voie. J’espérais, inconsciemment, qu’on me découvre et qu’on me crée les conditions pour mettre à profit mon talent. Et lorsqu’on tentait de le faire, je ne m’y retrouvais pas, car ça ne venait pas de moi.

Plusieurs organisations, particulièrement les petites, ont l’ouverture et la souplesse qui favorisent l’expression des talents. Les dirigeants n’ont toutefois ni le temps ni l’envie de se consacrer à la recherche en eaux profondes, afin de peut-être trouver une perle.

D’autre part, certains employés se laissent limiter par leurs fonctions, par les attentes liées à leur poste et celles de leur patron. Ils en viennent à ajuster leurs désirs et leurs aspirations afin de les faire tenir dans ce cadre pré-établi.

Personnellement, j’ai dû créer le vide, celui qui vient avec le vertige et les sueurs froides. En effaçant complètement le cadre et en me faisant paniquer par moments, j’ai pu circonscrire ce que j’aime, ce que je fais le mieux et où je me sens utile dans la vie.

Bien que je sois incapable de répondre aux questions d’avenir et de projection qu’on me pose parfois, bien que je ne me sentirai jamais aussi « drivée » qu’une Oprah, je partage une chose avec son discours, j’ai le sentiment d’être là où je dois être et que je fais ce que je suis supposée faire. Voilà ce qui compte pour moi.

Et vous, qu’est-ce que vous êtes supposé faire ?

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En extra :

Des trucs : How to align job with nature

Une histoire vraie : Persistence

Le courage de rester, celui de partir

Changer de boulot est une chose de plus en plus fréquente depuis quelques années. Les questions de job sont donc cycliques, celles au sujet du futur move professionnel, tout comme : “Comment et après combien de temps savoir si on s’est trompé avec ce nouveau poste ?”

Certains ne jurent que par la longévité, ils aiment la constance et la persévérance. Selon eux, la croissance professionnelle passe aussi par la durée puisqu’elle permet de valider la loyauté et la capacité à se renouveler.

D’autres affirment que les mouvements devraient toujours se faire selon l’instinct. Pour eux, attendre et persévérer relèvent presque d’un manque de courage, tandis que bouger demande souplesse et capacité d’adaptation.

Personnellement, je n’ai pas d’idée toute faite. Les règles n’étant pas mon fort, j’ai moi-même déjà quitté un poste après deux semaines, tout comme je suis restée dans un autre trop longtemps.

Habituellement, une nouvelle aventure professionnelle commande qu’on se laisse du temps, question de distinguer les enjeux temporaires des permanents. Parfois aussi, on voit tout sur le champ.

Voici une liste d’éléments qui peuvent se manifester quand la greffe ne prend pas.

À vous de voir lequel, ou lesquels pourraient vous faire déclarer forfait – après deux semaines, ou après deux ans :

-Peu ou pas fier de parler à l’entourage de son poste ou de son organisation : quand tu consacres plus de mots à la justification qu’à la description…

-Jour après jour, le sentiment d’incompétence revient ou, quand tu attends nerveusement qu’on te traite d’imposteur, à chaque meeting.

-Malgré une belle attitude positive et motivée, les tâches stimulantes tardent à se pointer ou, quand le seul wow de ta journée c’est ta playlist parce que ton employeur interdit l’accès à facebook.

-Peu d’affinité avec les collègues, aucun ne présente un potentiel de relation amicale. On le sait que le bureau c’est pas l’endroit pour se faire des amis, mais 45 heures à pas fitter, c’est long.

-Plus d’angoisse et d’anxiété que de bien-être au quotidien ou, quand le p’tit blues du dimanche soir a lieu tous les soirs.

-Disparition du patron inspirant rencontré lors de l’entrevue ou, quand le boss qui t’as engagé n’est bon qu’à vendre.

-Salaire inadéquat. Le salaire n’est jamais une raison en soit pour prendre un poste, mais quand, en plus de ne pas être heureux, t’es sous payé…

Des idées à ajouter à cette liste ?

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En extra :
Coup de pouce aux instinctifs qui bougent : How to quit every job and still have a good resume.

Homme, femme, argent.

Récemment, j’ai vu passer ce Tweet de @agentsolo : « Selon vous, y-a-t-il une différence entre les hommes et les femmes dans leurs conditions de travailleur autonome (au Québec) ? » Mon expérience me dit que, même avec des qualifications identiques, les femmes ont souvent des attentes salariales moins élevées que celles des hommes. Suivant cette logique, j’ai présumé qu’elles doivent moins facturer. La réplique a été sans nuance : « Il y a une grosse différence entre les revenus des T.A. (travailleurs autonomes) selon le sexe ».

J’aurais bien aimé me tromper. Cela dit, mon ancienne vie de recruteure conseil et chasseure de têtes m’a donné accès à des milliers de données, dont les attentes salariales…

La réalité est que la majorité des femmes n’exigent pas plus d’argent en convoitant un nouveau poste, même que beaucoup d’entre elles sont prêtes à reculer pour augmenter leur chance d’être sélectionnées. Complètement l’inverse des hommes. Les femmes disent vouloir se donner le temps de faire leurs preuves, les hommes réclament qu’on les paie pour faire ces mêmes preuves.

Mon anecdote la plus éloquente, voire dérangeante, concerne une femme très compétente qui possédait plus de 15 ans d’expérience dans sa discipline et qui demandait un salaire carrément junior. Préoccupée par sa situation, on lui a parlé du marché et de l’argent disponible pour le poste. Sa candidature a donc été présentée à 10k de plus que ses attentes, soit encore 10k sous le budget initial.

Elle a été embauchée…20k en deça du budget. Et pas parce que le vilain employeur l’a négociée. Il s’est contenté de lui donner ce qu’elle-même a demandé rendue à l’entretien de sélection. Elle n’est pas arrivée à se positionner selon sa valeur juste.

Dans bien des cas, les attentes salariales sont une question d’attitude et de perception de nous-mêmes, plus qu’une question de valeur absolue. Peu importe les arguments rationnels, le salaire disponible, le marché, nos compétences maîtrisées ou ce que nos bienveillants nous racontent.

Zut, l’avantage me semble à l’homme ici. C’est définitivement ce que je me dis quand l’un d’eux me lance, tout sourire, que mes honoraires sont peu élevés.

MàJ :
réplique d’@agentsolo : « @NatBertrand Votre billet rejoint une évaluation que nous allons publier bientôt. Une différence de 15K entre les h. et les f. chez les T.A »

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En extra:

Pour enfoncer le clou : Why you should hire moms
L’auteur a juste oublié de mentionner qu’elles risquent de demander moins cher en plus ;-)

Truc, pour ceux, et surtout celles, qui veulent négocier : Try this: Don’t ask what you want when you negociate.

8 règles de gestion selon Google

Google a récemment rendu public certains résultats de sa mega étude menée par les ressources humaines, auprès de ses employés et gestionnaires, Project Oxygen.

La conclusion est simple et peu étonnante: les gestionnaires évalués comme étant les plus habiles, inspirent plus de loyauté et supervisent les équipes les plus performantes de l’entreprise.

Si je communique cette étude, c’est parce que ses données rejoignent avec une justesse hallucinante ce que j’entends depuis plus de 8 ans. Tout comme ceux de Google, les employés de l’industrie des communications d’ici réclament des boss possédant des aptitudes relationnelles.

Et pourtant, on continue de promouvoir et d’embaucher des gestionnaires habiles dans leur discipline, sans toutefois les aider à développer leurs savoir-faire interpersonnel.

8 Règles de gestion selon Google

Coacher
Offrir du feedback positif /négatif de manière précise et régulière. Assurer des rencontres one-on-one.

Responsabiliser, ne pas micromanager
Laisser libre cours aux employés dans l’exécution de leurs tâches, tout en demeurant disponible et en guidant lorsque nécessaire.

Considérer le succès et le bien-être personnel
Tenir compte de la réalité des employés, aussi à l’extérieur de leur cadre de travail.

S’orienter sur la productivité et et les résultats
Aider à prioriser, donner un sens, une direction. Éliminer les irritants et les sources de blocage.

Communiquer et écouter
Encourager les échanges ouverts pour mieux écouter. Prendre en considération ce que les employés ont à dire. Être transparent et clair en tout temps.

Veiller au développement de carrière
Connaître les ambitions des employés permet de les inclure dans les plans et ainsi, de les garder plus longtemps.

Assurer une vision claire et stratégique pour l’équipe
Garder l’oeil sur les objectifs et les communiquer. Mettre les employés à contribution dans l’élaboration et la précision desdits objectifs.

Posséder les compétences nécessaires
De sorte à mettre la main à la pâte avec les employés, pour aider, conseiller, et pour toujours garder le contact avec la réalité du terrain.

Ça semble plutôt facile lu ainsi, mais pour la majorité, dans le feu de l’action infini de notre industrie, ce n’est pas gagné. Rappeler cette liste de règles est donc un must. Aider les gestionnaires pour bien la mettre en application, aussi.

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En extra:

L’article du New York Times sur le Project Oxygen de Google: Google’s Quest to Build a Better Boss.
Merci @Martin Ouellette pour le cue!

Version originale des 8 règles + 3 pièges en gestion, selon Google: Google’s Rules

LA question

La semaine dernière je considérais, ici, l’importance de notre pourquoi professionnel. « Pourquoi je fais ce que je fais », à quel besoin je réponds au fond ? Mon fonctionnement s’est placé simplement, mais la question au coeur du billet est demeurée sans réponse. Cocasse.

La vie étant ce qu’elle est, quelques jours plus tard y’a Véronique de chez Mojob qui m’a demandé d’être l’interviewée de la semaine suivante. Je dis oui, sans penser que LA question risquait de me rattrapper. Entrevue ici.

La #2 : Quel est votre mojo ? Réflexe habituel : l’envie d’être aimée, reconnue, de me réaliser. J’ai aussi identifié mes motivations : ma curiosité des gens, mon intérêt de contribuer à leur bien-être. Mais y’avait autre chose.

J’ai donc creusé plus. J’ai finalement identifié mon besoin fondamental, le genre difficile à placer dans un cv ou une mission d’entreprise. J’ai besoin qu’on se souvienne de mon passage. C’est probablement ce besoin qui pousse l’autre, celui de faire une différence. Même en rencontre exploratoire avec un client, je cherche à laisser une trace qui ira au-delà du simple développement des affaires. Un conseil, une question, une observation, quelque chose qui survivra à la poignée de main.

En plus d’avoir enfin répondu à ma question en suspens -merci Mojob- l’exercice me permet de confirmer que, même avec la meilleure volonté du monde, se répondre à nous-mêmes est limitant. Un regard extérieur nous oblige à voir plus large. Mieux encore, il commande une rigueur et une profondeur qu’on ne s’offrirait pas toujours, puisqu’on a le réflexe de s’arrêter quand ça commence à faire mal. Que ce soit dans notre vie perso ou professionnelle, c’est souvent en présence d’un autre qu’on se voit le mieux. C’est comme regarder sa ville avec un visiteur. On fait des recherches, on sélectionne, on identifie la nouveauté et on en découvre plein. C’est peut-être pour ça que les agences qui pitchent le plus sont celles qui évoluent le plus ? Un flash de même…

Simon dit

Simon Sinek est un orateur charmant d’intelligence et de vivacité. Il sait faire preuve d’une présence hors du commun lorsqu’il présente. J’ai eu le plaisir de le voir il y a quelques semaines lors d’une Journée Info-Presse 360.

Son discours, simple et pertinent, peut inspirer des pistes de réflexions variées, aux entrepreneurs, aux employeurs, aux employés, dirigeants ou pas. Voilà deux options pour l’entendre : chez TED ou via l’enregistrement d’InfoPresse, ici. C’est moins bien éclairé, mais plus élaboré. Fermez les yeux quand il s’enflamme, on dirait Seinfeld.

Simon dit, quand il s’adresse aux entreprises, que l’essentiel est de cerner pourquoi elles font ce qu’elles font. Selon lui, celles qui parviennent à bien le faire, les Apple de ce monde, seront identifiées et adoptées par les consommateurs qui se reconnaîtront dans le pourquoi, la « mission ».
Simon says : find your WHY, and stick to it.

J’ai réfléchi. Aux entrepreneurs que je rencontre et qui perdent souvent le fil. Aussi aux couples qui finissent par se demander ce qu’ils font ensemble. Aux parents dépassés et brûlés. Et j’ai bien sûr pensé aux travailleurs qui, à un moment ou l’autre, questionnent leur suite avec angoisse.

Peu importe le contexte, quand l’écoeurite nous prend, on a tendance à penser au futur et on se fait des plans d’action. On veut freiner le malaise, alors on fuit en avant au plus sacrant. On change de conjoint. On change de job. On garde les enfants, évidemment. Quoique, la garde partagée, c’est aussi en laisser aller une partie.

Et si on se demandait d’abord, pourquoi on fait ce qu’on fait. Si on sondait notre essence professionnelle du tout début. J’en viens même à me demander si notre fameux pourquoi n’existe pas en nous, depuis toujours. Comme une sève qui se manifesterait au gré de nos circonstances. Celle qui n’était pas encore diluée avant les attentes de notre entourage, nos ambitions sociales, nos engagements financiers.

Personnellement, je suis à réaliser que, depuis toujours, les gens se servent de moi comme sounding board et conseillère. Ça a commencé avec Julien L., mon professeur de 5è année. Le midi en marchant, il me racontait les enjeux d’être gai. Gai au travail et gai dans notre ville, Québec. J’avais 10 ans.

Ces rôles m’ont naturellement suivie dans mes relations et dans les postes que j’ai occupés. Aujourd’hui, la qualité de mes services professionnels repose sur ces capacités que je possède. Mais ça, c’est le comment, c’est pas le pourquoi. Je continue donc à me fouiller le WHY.

Et vous, est-ce que votre pourquoi est en ligne avec ce que vous faites ? Comment ?

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Reco lecture : Start with Why