Vilains patrons

C’est connu, rien de nouveau, on le sait déjà : coacher, diriger, éduquer, ça veut dire supporter. Beaucoup. Autre faits connus, les boss manquent de temps, d’écoute, de focus, et parfois d’intérêt. Vilains patrons. Voilà pourquoi on leur donne plein de trucs et de conseils pour devenir plus gentils. Parfois, on les regarde dans le profond des yeux, et on voit même où ça accroche.

Steve Roesler parle de l’importance d’offrir du support quand on gère. Il nuance : supporter ne veut pas dire être le sauveur de ses employés. Sa mention de l’équilibre à atteindre entre le support et la responsabilité est d’ailleurs très pertinente. Pour lire son billet, c’est ici.

J’affectionne beaucoup la notion de responsabilité. Et là là, c’est celle de l’employé qui m’intéresse. La responsabilité et l’imputabilité d’un employé quant au support dont il a besoin pour être mieux et meilleur.

Nombreuses sont les anecdotes de vilains patrons que je me suis faites raconter au fil des années. Y’a celui qui : « Ne voit jamais quand j’ai besoin d’aide », celui qui : « M’en demande toujours trop », celui qui : « Se fout tellement de nous » ou encore celui : « Qu’on dirait qui fait exprès pour toujours me demander des choses que je suis incapable de faire. Y’essaie de me faire sentir incompétent, y doit vouloir que je parte ». J’arrête ici, mais il y en a plein d’autres.

Mes répliques ont souvent l’air de ça : « Qu’est-ce que tu as fait pour communiquer tes malaises à ton supérieur? » « Tu t’es assis avec lui pour exprimer les choses que tu aimerais apprendre ou améliorer? » « Tu as fait ton bilan de compétences et de motivation? » « Tu as validé avec ton boss ce qu’il pense? »

Les réponses : « Ben c’est à lui de m’évaluer! » « C’est sa job d’identifier ce que je sais pas pour me le montrer. » « J’suis pas pour lui dire ça, y va penser que je suis incompétent! » « Des plans pour que je me fasse virer! »

Tendance : il est plus facile de responsabiliser son patron que de faire partie de la solution.

Dans ce genre de contexte, un patron à l’écoute et disponible, peut créer de l’espace pour l’échange et faire une mise à niveau. Ensuite il peut offrir le support nécessaire. Un gestionnaire plus « détaché » pourra laisser les choses aller, jusqu’à ce que l’employé allume. Ou se noye.

Mais comme la plupart des boss sont de vilains patrons, ils savent à peine ce qui se passe. Ils manquent de temps, d’écoute…on l’a déjà dit. Il arrive souvent qu’ils préfèrent ne pas voir. Trop de troubles ou de douleurs potentielles. Ils se cachent et ils esquivent, eux aussi. Ils se disent que tout est okay ou ils prennent pour acquis, avec raison, que l’employé viendra parler si ça devient too much.

En résumé : on se cache, on attend.

On s’est dit qu’on compte jusqu’à combien déjà ?

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Une Réponse sur “Vilains patrons”

  1. FEED BACK dit :

    […] ceux qui hésitent à faire les premiers pas, lire ce billet (de Nathalie Bertrand) Tweet […]