Vision. Actions.

Je voulais parler de la difficulté qu’ont certains dirigeants à traduire leurs paroles en actions concrètes. Réalité qui consiste à préférer regarder là où on veut aller, plutôt que de parcourir le chemin pour s’y rendre.

Pendant que mijotait le sujet, j’ai croisé une phrase que je traduirais ainsi : « Poursuivre un rêve ou une vision, que d’autres ne saisissent pas, ou trop mal, peut créer une distance et un certain isolement ». Cet isolement chez les penseurs m’émeut toujours, d’une manière ou d’une autre.

Ainsi, en marge des visions élaborées, on note souvent de la solitude chez ceux qui les génèrent, cas des dirigeants entrepreneurs. Cette coupure existe pour des raisons variées et elle affecte nécessairement la communication, qui est pourtant indispensable à l’incarnation des idéaux, du moins dans le cas des organisations.

Ce que j’observe quand il s’agit de décalage entre la vision et les actions, c’est que cette réclusion n’est pas unique au visionnaire qui dirige. Les employés aussi, dans leur incompréhension ou leur sentiment d’incompétence, finissent en retrait. Lors de ces éloignements respectifs, se logent des sentiments usants, dont la honte et la frustration, la désillusion et le désengagement.

Chez ceux qui saisissent bien la vision, certains voient trop rapidement les obstacles et le travail additionnel qui s’annoncent. Face au boss inspiré, ils n’osent pas lever la main et questionner. Ce dernier, dans son emballement convaincu, est même certain que tout le monde planchera sur l’idée dès maintenant. Et en overtime à part ça!

Dans la vraie vie, il arrive que la majorité ignore quelles routes devraient être empruntées. Et chacun de se retirer dans ses quartiers, l’un pour ruminer, les autres pour se plaindre ou faire comme si rien ne s’était passé.

Et si le visionnaire descendait quelques minutes de sa planète éclairée, pour se défier dans du concret et inscrire ses idées dans le quotidien de ses employés ? Découper le global picture en étapes réalistes et réalisables.

Et si les employés laissaient de côté leurs enjeux terrestres pour rêver un peu ? Pour échanger et en rajouter, le temps que l’idée nouvelle trouve sa voie. Faut les laisser s’exprimer par contre, ces employés.

Certains d’entre eux sont d’ailleurs doués pour assurer ce pont entre l’idéalisme et le pragmatisme. Ils sont naturellement vulgarisateurs et empathiques. À leur meilleur, ils sont aussi optimistes et organisés. Leur grand patron est bien plus chanceux qu’il ne le croit.

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En extra :

La solitude et ses cures, pour leaders avisés : Cures for leadership loneliness.

La vison inscrite dans une volonté de changement : Real change : add behavior to your vision.

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