Y sous 3 angles

Il y a plusieurs méthodes efficaces pour décrire des notions nouvelles et dérangeantes, comme celle de la génération Y, par exemple. Parmi toutes, j’ai retenu 3 manières qui m’ont interpelée. Une anecdote bien concrète, une citation des concernés et une phrase éloquente, d’un brillant observateur. Voici donc les Y sous 3 angles, parmi d’autres.

Anecdote.
L’histoire se passe en firme de relations publiques. La structure est simple, Marie la nouvelle conseillère principale, un ou deux conseillers seniors, et bien sûr, plusieurs apprentis. Jeunes, allumés et heureux de venir montrer de quoi ils sont capables. Rappel : prémisse de Y, pas là pour obéir docilement, là pour nous dépasser ou minimalement, nous shaker. Voilà donc la manière avec laquelle ils abordent Marie, ambitieuse et performante génération X, qui ne comprend rien à cette assurance, qu’elle associe d’abord à de la sale arrogance.

Les premiers mois de Marie avec sa gang sont à la fois agréables et pénibles. Bien qu’elle apprécie leur énergie et leur curiosité, elle n’en peut plus de se battre pour assurer SON minimum de productivité. Devoir les convaincre des procédures et de la marche à suivre quand vient le temps d’envoyer un communiqué de presse et d’assurer le suivi auprès des journalistes, lui semble surréel. Une marche dans le désert dont elle se passerait, rien à voir avec l’école d’où elle vient.

Un beau matin, Marie a cessé de se battre. Elle a donc mieux observé. Le recul permet de voir, on le sait bien. C’est à ce moment qu’elle a décidé de prendre un risque. Comme le blabla ne faisait pas le travail auprès des recrus Y, elle est passée de l’exercice traditionnel qui se résume à montrer, pour essayer de démontrer. Concrètement, elle les a laissés aller à leur manière, pour procéder à la sienne de son côté. Envoi d’un communiqué massif aux journalistes, avec méthodes d’envoi et de suivi totalement décousus, selon qui exécutait. Ça prend du guts, il va sans dire.

Les résultats ont parlé. Marie a obtenu une couverture de presse démesurément plus grande et satisfaisante que celle de ses protégés. Sans prononcer de commentaire jouissif à la : « Je vous l’avais bien dit », elle a vu se rallier l’équipe en moins de deux. C’est à ce moment qu’elle est passée de patronne inefficace, à mentor estimée. Pas si arrogants et prétentieux finalement.

Les Y étant issus d’une époque de surabondantes informations, souvent contradictoires, et ayant bénéficié d’une grande valorisation de leur identité et de leur point de vue, ils ont développé un sens aiguisé de la critique et de la prise de position. Ils sont aussi pris d’un certain scepticisme face aux recettes imposées. Alors, peut-être vaut-il mieux leur démontrer que de s’évertuer à leur montrer ?

La citation.
Jenny, une Y, m’a laissé un efficace commentaire suite à ce récent billet : « Je suis Y (…) Je veux être stimulée, je veux apprendre et je veux livrer! Évidemment, je suis souvent frustrée parce que les choses ne bougent pas suffisamment vite pour moi, je stagne et ça me rend complètement folle de faire du surplace. Mon employeur n’accepte pas la critique, parce que je ne veux pas suivre les 50 étapes préalables à l’élaboration d’une critique concernant le mode de gestion des « ressources ». Vraiment, il y a des jours où je me demande comment vais-je survivre à toutes ces années de travail si rien ne change (…) »

L’observation.
En vous mettant en contexte, je me ferai plaisir en vous parlant d’une blogueuse américaine que j’ai en très haute estime. Non seulement parce qu’elle est successful, mais aussi parce que Penelope Trunk est très contestée. Je l’estime parce qu’on partage une appréciation des Y et surtout, j’apprends d’elle. Étonnamment, plus encore sur le plan personnel. Et quand je dis personnel, ça inclut même sa vie sexuelle. Cette blogueuse et entrepreneure est atteinte du syndrôme d’Asperger, et elle en parle ouvertement. Trunk m’a ainsi permis, au cours des 18 derniers mois, de faire un voyage au pays de la maladie mentale, à un moment où il était temps que je m’ouvre à cette réalité qui nous entoure. Qui m’entoure.

Tout cela dit, l’observateur à citer est quand même Seth Godin ! J’aime cet auteur pour la finesse de ses observations, sa créativité et ses nombreux projets. Godin le blogueur est d’une efficacité et d’une concision redoutables. Il m’inspire.

Donc, Penelope Trunk fera une conférence web en compagnie de Godin ce jeudi. Ils discuteront du dernier livre Linchpin de ce dernier. Lorsqu’elle lui a demandé de quoi d’autres ils parleraient, la réponse qu’il a rédigé m’a solidement accrochée :

« My take is that [generation Y] is the last one that will be as totally brainwashed by the system, by the schools and by companies and by society to believe that the industrial age (and compliance) is their ticket to the carnival. The smart ones will see that and play a different game, and the sooner they realize how bad the scam is, the faster they’ll recover. »

Voilà d’où c’est tiré, et si vous désirez vous inscrire à la web conférence, c’est aussi ici.

À vous maintenant de faire parler ces 3 angles de Y comme il vous convient.
Et dites-moi, lequel ou lesquels vous allument ?

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